Madame la Présidente, Madame la Ministre et Monsieur le Ministre,

Depuis 1945, le gouvernement du Canada a accordé à une seule entreprise de sécurité, Le Corps canadien des Commissionnaires, un « Droit de premier refus » (DPR) sur tous les contrats du gouvernement fédéral pour les services d’agents de sécurité, créant ainsi un quasi-monopole, en échange de la promesse d’embaucher autant d’anciens combattants que possible. À sa création, l’effectif de Commissionnaires était composé à 100 % d’anciens combattants. Ce pourcentage a diminué au fil du temps. Selon le site Web de Commissionnaires, les anciens combattants comptent aujourd’hui pour seulement 20 % de l’effectif.

Aujourd’hui, moins de 1 % des plus de 600 000 anciens combattants du Canada trouvent du travail en raison des dispositions du DPR qui ne cesse de profiter aux personnes autres que des anciens combattants. [1]

Les Canadiens sont largement en faveur de la modernisation du processus pour les services d’agents de sécurité du gouvernement. Selon un récent sondage Ipsos :

  • Neuf Canadiens sur dix affirment qu’une concurrence équitable entre toutes les entreprises canadiennes de services de sécurité (89 %), un processus contractuel ouvert et transparent (88 %) et le meilleur service au meilleur prix pour le contribuable canadien (87 %) sont des critères importants quand il s’agit de l’octroi des contrats de services d’agents de sécurité.
  • Les Canadiens ont trois fois plus tendance à dire qu’il existe de meilleures façons pour le gouvernement d’aider les anciens combattants à faire la transition vers la vie civile (77 %) qu’à dire que le DPR est la meilleure façon pour le gouvernement d’aider les anciens combattants à faire cette transition (23 %).

Plutôt que de donner le DPR à une seule entreprise de sécurité privée, pourquoi ne pas encourager toutes les entreprises de sécurité canadiennes à embaucher des anciens combattants? L’ouverture des contrats du gouvernement du Canada à toutes les entreprises de sécurité canadiennes permettrait à ces dernières de présenter des offres de services d’agents de sécurité dans le cadre d’un processus contractuel transparent et équitable, en plus d’améliorer considérablement les possibilités d’emploi pour les anciens combattants et d’offrir la possibilité d’améliorer les services qui leur sont offerts.

Après près de huit décennies, il est grand temps pour le gouvernement du Canada de revoir la façon dont il se procure les services d’agents de sécurité pour ses immeubles fédéraux.

Nous vous prions d’accepter, Madame la Présidente, Madame la Ministre et Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments distingués.

[1] Selon le site Web de Commissionnaires, l’organisation compte 4 500 employés qui sont des anciens combattants, ce qui représente 0,73 % du nombre total d’anciens combattants au Canada, dont le nombre était estimé à 617 800 en date du 31 mars 2021, selon Anciens Combattants Canada.